Archives pour septembre, 2007

Slices of Second Life

// septembre 18th, 2007 // Pas de Commentaires » // Explos

Amy Wilson a fait quelques dessins de ses explorations dans Second Life, et les a publiés chez Lulu. Quelle belle idée !

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Réalisation 3D : le tram à Brest

// septembre 18th, 2007 // Pas de Commentaires » // Main Slid

Depuis quelques jours, nous entendons sur les ondes locales l’arrivée du site letram-brest.fr, étape supplémentaire pour faire participer la population au dossier du Tram à Brest.

L’originalité de ce site, en plus d’un suivi des étapes futures, d’un chat, d’un blog, c’est la visite en 3D. Soit en téléchargeant une application complète, soit (bien mieux à mon sens, car hautement participatif avec la possibilité de placer ses propres photos des sites) en passant par Google Earth. Dans ce dernier cas, tous les fichiers kmz nécessaires sont disponibles.

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Slafin du papier, ma bonne dame !

// septembre 17th, 2007 // Pas de Commentaires » // Objets

J’étais hier soir à la conférence organisée à la bibliothèque francophone par Hugobiwan Zolnir et Nzo Babenco sur l’avenir du livre, ou Gutenberg 2.0 pour reprendre le titre d’un futur livre sur le futur du livre par Lorenzo Soccavo, le first life de Nzo (vous suivez ?). Alors, à quand la fin du papier pour les livres ? Dans dix ans, nous a prédit Nzo.

Je doute.

Mais pour commencer, quelques photos de la présentation.

Présentation en simultané vocal et textuel, grâce à Nzo pour la voix, et Hugo pour les textes.

Pour quelles raisons un support d’écriture doit-il évoluer ? Pour être plus maniable, réinscriptible, conservable, adaptables aux nouveaux usages, compatibles avec les évolutions…

…or le papier a ses défauts. Les premiers livres électroniques aussi : ils étaient lourds, volumineux, rétro-éclairés, peu autonomes…

…mais l’encre électronique, inventée au MIT, offre aujourd’hui le même confort de lecture que le papier traditionnel, et une bien meilleure autonomie…

La feuille d’e-paper est un écran plat, fine et flexible, et réflexive. Avec un écobilan meilleur que celui du papier (je serai curieuse de voir une étude là-dessus).

En France, on trouve les lecteurs iLiad iRex Technologies distribué par 4D Concept ou le Cybook 3e génération de Bookeen. Aux USA Sony est prêt, et Amazon bientôt…

En France la presse innove avec l’arrivée des Echos sur le e-paper (annonce du 12 septembre. Cf. mon papier sur  L’actuier).

La rupture technologique est en marche, et la chaîne du papier va devoir être complètement revue. Les métiers du livre et du journal vont devoir se reconvertir…

Très prochainement il y aura des lecteurs flexibles (remember Minority Report ?), des mobiles flexibles (annonce prochaine de Telecom Italia, voir cet ancien billet), la couleur…

Nzo termine en invitant tout le monde à suivre l’actualité sur son blog. Et la séance de questions commence.

Il y a eu pas mal de questions sur les prix (les lecteurs aujourd’hui, en 16 niveaux de gris, restent chers à 649€), sur le modèle économique, sur les impacts sur la chaîne du livre. Je reste sceptique sur la disparition à terme (et à court terme, 10 ans, estime Nzo) du papier (sauf considérations écologiques très fortes, et encore). Et j’en ai eu la preuve très concrète, quand mon navigateur Second Life est tombé (cela peut arriver, si), et que j’ai perdu au passage tout le chatlog.

Heureusement que j’avais activé une technologie peu chère, dotée d’une très grande autonomie, et 100% bio. Une petite tablette en bois, qui se glisse discrètement hors du plateau du vieux bureau à partir duquel je me connecte, et sur laquelle j’avais placée opportunément une feuille très fine, blanche, reinscriptible, de bon vieux papier, et griffonnée de plein de notes lisibles de moi seule (oui, le chiffrement se fait à la volée, et le déchiffrage parfois avec difficulté).

En tout cas, et en attendant de lire les avis des autres participants (j’ai les noms), je livre (si on me permet d’utiliser encore ce mot:) ici quelques propositions pour le e-paper (auquel je crois beaucoup, en fait, mais pas en mode de substitution) : papiers peints pour la chambre des enfants, cartes topographiques pour les randonnées, et miroirs avec réalité augmentée dans la salle de bain, les vitrines des magasins et les cabines d’essayage.

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Sillage : SL et IA

// septembre 14th, 2007 // Pas de Commentaires » // Cogni

Je l’avais évoqué dans mon premier billet, je vais traiter ici des liens entre univers virtuels et intelligence artificielle. Deux billets récents de Wangxiang Tuxing et de Pierre-Olivier Carles me font accélérer la cadence.

Wangxiang cite Marc Ward de BBC News : les mondes virtuels en passe de devenir des incubateurs d’intelligence artificielle. Eh bien, je n’aurais su mieux dire. C’est tout de suite ce qui m’a frappé quand je suis revenu en début d’année sur SL. J’allais enfin pouvoir créer facilement une des applications-jeu de ma thèse, qui date de 95.

De quoi s’agissait-il ? Il existe deux paradigmes majeurs en intelligence artificielle, le paradigme cognitiviste, ou approche symbolique, et le paradigme connexionniste, ou approche subsymbolique. Le premier a notamment engendré les systèmes experts, et le second les réseaux de neurones. Les deux paradigmes possèdent des avantages et des inconvénients, mais il se trouve qu’ils se complètent assez bien, et que la coopération de systèmes ayant des composants relevant de chacun des paradigmes permet d’obtenir des artefacts aux capacités cognitives plus élaborées.

On peut montrer qu’une série de dualités résume l’alternative qui se pose au concepteur d’artefacts intelligents pour le choix d’un des deux paradigmes : inné et acquis, savoir-que et savoir-faire, res cogitans et res extensa, dynamique et statique, continu et discret… En me fondant sur des théories psychologiques et neurobiologiques de l’époque, j’avais montré qu’il est possible de concevoir des systèmes hybrides (symboliconnexionnistes) fortement couplés dans lesquels ces dualités ne sont plus opposées.

Un exemple dans le domaine de la reconnaissance d’écriture : un de mes encadrants de thèse (nous l’appelerons André car il va se reconnaître :) avait dans sa propre thèse couplé deux systèmes pour reconnaître des codes postaux. Un module spécialisé dans la reconnaissance des contours des chiffres, et un autre dans celui du pixmap (les dégradés de gris). La coopération de ces deux modules donnait des résultats excellents, meilleurs que chaque module séparément. Mais il restait des chiffres impossible à reconnaître, mais qu’un être humain savait reconnaître.

Il restait aussi des chiffres illisibles même par un être humain…

Ces deux modules étaient des spécialistes de la lecture. Les réseaux de neurones qui étaient dans ces modules avaient appris à lire. Pour gagner les quelques dixièmes de pourcent de reconnaissance réussie qui nous manquaient, j’ai ajouté un troisième module, qui a lui appris à lire. Construit à la fois avec des neurones et des règles d’écriture, il était activé dès qu’un chiffre n’était pas reconnu. Imaginez par ex. un 2 avec une boucle en bas à gauche à la place de la pointe. Quand le système à deux modules échouait, je repérais le chiffre fautif, et je faisais faire des lignes d’écriture au système à trois modules avec des chiffres similaires, que je saisissais sur une tablette graphique. Les résultats ont été immédiats et le système global a obtenu les mêmes performances qu’un humain, pour ces types de caractères. Le système, hybride, avait appris à lire et à écrire, pour résoudre la seule performance qu’on attendait de lui : lire.

J’en reviens à présent aux mondes virtuels. Une autre application que j’ai testée était l’apprentissage de la marche pour un robot. Il y avait à l’époque des programmes d’exploration de Mars, avce des robots de toutes sortes, à roues, à chenilles ou à pattes. Je me suis intéressé au robot hexapode. Impossible à l’époque de s’en procurer un (même en légo, j’ai essayé  aujourd’hui ce serait faisable), il a fallu donc se tourner vers la simulation, avec toutes les limites qu’elle pouvait avoir. Une simulation en 2D, vue de dessus.

Arcandie, mon robot hexapode, pouvait lever ou baisser ses pattes, et les bouger dans tous les sens dans un rayon de quelques pixels. Il avait un but à atteindre (implémenté sous forme de règle symbolique). Il avait un équilibre à garder (lois de la physique, et plus particulièrement du triangle de sustentation, implémentées également sous forme de règle symbolique). D’autres lois symboliques exprimaient que le robot ne volait pas (les six pattes ne peuvent être ensemble en position haute), et que ses pattes ne sont pas extensibles à l’infini et restent attachées au corps. Il avait enfin un ensemble de réseaux de neurones (initialisé avec des poids synaptiques tirés au hasard, comme d’habitude) calquant ce qu’on savait à l’époque des composants neuronaux en jeu dans les systèmes moteurs [Sheperd, G.M. 1998, Neurobiology. Oxford University Press].

Que fit le robot, une fois laché ? Plusieurs démarches apparurent, par ex. deux pattes de devant levées, puis celles du milieu, puis les pattes postérieures. Ou des démarches 2-4, comme une grenouille. Il tombait souvent (surtout quand il levait 3&nsbp;pattes d’un côté, puis 3 de l’autre). Mais dans tous les cas (quels que soient les poids synaptiques de départ des neurones), plus ou moins rapidement (entre 100 et 400 pas), la démarche en tripode, naturelle, de tous les animaux à six pattes, émergea d’elle-même. Nous ne l’avions pas inscrite en dur dans le système. Elle fut la résultante de notre approche hybride, symboliconnexionniste du problème.

La simulation en 2D était frustrante. Je ne pense pas d’ailleurs que je pourrai la faire tourner à nouveau sans rentrer dans le code (X-Window de l’époque…). Il est bien plus motivant de la tenter à nouveau dans un univers en 3D, d’autant plus qu’il est possible de faire tourner les mécanismes d’apprentissage des réseaux de neurones à l’extérieur de Second Life, et de n’échanger que les positions dans SL et les mouvements à faire. C’est d’autant plus motivant que dans les systèmes hybrides, les relations particulières qui s’établissent entre le système et son environnement (perception et action) et entre le système et son concepteur (processus éducationnel) sont fondamentales.

Et dans Second Life, il y a les deux : un environnement très riche (terrains, bâtiments, objets mobiles…) et de nombreux « éducateurs » potentiels. Si je recrée Arcandie, elle sera visible sur l’île de Telecom Bretagne bien sûr.

J’ai vu les quelques expériences de vie artificielle déjà proposées (écosystèmes Second Nature 3 Pseudozoa Terminus (lire les billets de Wiangxiang), et les robots/chatbots Takashi sur Penglai, Sparky, Mary Jane (lire les billets de Wiangxiang là aussi)). Elles sont doublement artificielles pour moi. Ce sont des objets quasi-autonomes, mais ayant un périmètre d’actions restreint. C’est le cas des écosystèmes d’animaux de certaines îles. Mais ce n’est pas la vie artificielle car il manque les capacités d’apprentissage (entre autres). Leurs comportements sont scriptés, et même s’il y a une certaine liberté dans ces comportements, on reste au niveau de l’approche symbolique.

Il est possible, avec l’approche hybride, et d’autres connaissances qui ont été obtenues en sciences cognitives depuis dix ans, de s’approcher d’une véritable vie artificielle dans un monde virtuel (ce qui ne signifie pas s’approcher d’une « vie artificielle dans notre monde réel »). Des avatars autonomes, capables de converser (pas seulement de répondre selon des schèmes pré-établis aux propos qu’on leur fait, comme on l’observe aujourd’hui avec AIML) et d’apprendre, sont possibles.

Ce sera l’objet de mes futurs billets « Cogni ».

Il est possible qu’une équipe de recherche sur la pensée artificielle, avec des fondements réellement nouveaux, se monte bientôt sur Brest, et je compte y apporter ma pierre avec des systèmes hybrides plongés dans Second Life.

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Sous le capot de Peugeot

// septembre 10th, 2007 // Pas de Commentaires » // Explos

Encore une île visible du ciel : Peugeot arrive officiellement sur SL le 11 septembre.

Suite les 11 et 12 septembre. Je me suis rendue sur cette île pour en faire le tour (en 308 RC Z bien sûr), et essayer de savoir ce qui se passera ensuite sur ce lieu créé par SL Dimension.

Accueil classique, mais je ne suis pas certaine que ce robot m’ait adressé la parole.

On peut pour l’instant visiter l’exposition de concept cars (rien que pour cela l’île vaut le déplacement), ou bien piloter la 308 tout le long du circuit (très beau circuit).

L’île vue d’un peu plus haut. Admirez le bleu des pièces d’eau.

Début de soirée. La fête se précise, Nephie est déjà derrière ses platines. Je vais aller faire un tour en 308, tiens.

Comme toujours, c’est assez difficile de conduire quand on n’a pas du très très haut-débit. Heureusement, ici, la voiture ne sort pas de la piste, même quand on est en plein ciel.

Oops, j’ai raté l’entrée dans la partie sous-marine du circuit. Pas moyen de renverser la voiture (j’avais réussi à le faire avec le kart de Renault, pourtant). Attention à ne pas se promener sous le circuit, au risque de se prendre dans les textures.

Ce gars-là, il l’a pensé très fort : encore une femme au volant.
Pfffff.

À l’intérieur du phare (et plus pour longtemps, ai-je compris), une image de ville en transparence.

Encore une île qui marche à l’énergie éolienne.

Retour le 12 : la pièce des concepts car, avec lien vers le concours de design.

Est-ce que certaines de ces voitures seront vendues sur SL ? Il faudra que je pose la question à mon prochain passage.

Je me demande… c’est la nuit qui a été rude pour les concepteurs de cette île, ou c’est une prière au dieu Lion ? La soirée a duré jusqu’à deux heures du matin, quand-même !

Petite discussion avec Noemie Ella (une des hôtesses du site, que je soupçonne avoir plusieurs premières personnalités) et d’autres responsables du site. J’apprends qu’il y aura bientôt d’autres événements, sans doute un mini tournoi de conduite de 308 (il va falloir sérieusement s’entraîner). Peugeot n’est pas seulement là pour la comm’ (même si le lancement s’est fait en même temps que le salon de Francfort), mais pour apprendre des univers virtuels, par exemple du co-design entre SL et RL.
Pendant notre conversation, d’autres prestataires viennent faire un tour et admirent la réalisation (vous ai-je dit que le concept car avait été fait par Aimée Weber&nbsp?).

Un dernier passage par le parking des 308 avant d’aller poster ce billet.

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